Centre-ville de Bruges : un projet déjà décidé, une concertation contestée
- Michael Gisquet

- il y a 8 minutes
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Aujourd’hui occupées par des aménagements provisoires relevant de l’urbanisme tactique, les anciennes écoles de Bruges sont destinées à accueillir un projet d’ampleur : une résidence intergénérationnelle ainsi que la relocalisation de La Poste.
Le programme prévoit la création de logements spécifiques pour les seniors, de logements libres et de logements sociaux portés par le bailleur Mesolia. Le permis de construire devrait intervenir à la fin de l’année 2025. Lors du conseil municipal du 4 avril 2024, Mme Terraza a d’ailleurs affirmé que ce projet était « acté ». L’ensemble doit être implanté sur un foncier communal qui avait pourtant été aménagé, à titre temporaire, en jardin ouvert aux habitants.
À ce projet s’ajoutent trois maisons récemment préemptées, qui n’apparaissent pas dans le périmètre de la concertation présentée. Ces biens ont été acquis dans le cadre du réaménagement du centre-ville, sans qu’aucune information claire ne soit donnée sur leur destination finale. Interrogée à plusieurs reprises, la Ville n’a évoqué qu’une solution transitoire d’hébergement d’urgence, sans projection à long terme clairement définie.
Lors du conseil municipal du 24 avril 2024, il a été affirmé que l’immeuble destiné à Mesolia et la réinstallation de la Poste constituaient des « invariables du projet ». Une position qui interroge, alors même que le discours officiel met en avant une concertation « ouverte » et une écoute des habitants. Comment parler de dialogue lorsque des engagements majeurs ont déjà été pris ?
Ce schéma n’est pas nouveau. Il rappelle celui de l’ancienne école communale, que de nombreux habitants souhaitaient préserver. Sa destruction avait été décidée avant même le lancement de la concertation. Une méthode qui laisse un sentiment de décisions imposées plutôt que construites collectivement.

Autre question centrale : pourquoi confier l’intégralité de la concertation à une société privée ? La concertation ne devrait-elle pas être au cœur du rôle des élus locaux, accompagnés des services municipaux, en lien direct avec les habitants ? Déléguer cette responsabilité revient à instaurer une distance entre les citoyens et ceux qu’ils ont élus.
En résumé, demander aux habitants de s’exprimer tout en leur expliquant que les choix structurants sont déjà arrêtés pose un problème de fond. À plus forte raison lorsque le coût de cette concertation s’élève à 600 000 euros.
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